notes de la notice sur Xavier de Maistre par Sainte-Beuve

  1. Cette Étude sur le comte Xavier de Maistre a été écrite par M. Sainte-Beuve en 1839, à l'occasion du seul et unique voyage que le comte Xavier fit à Paris. L'auteur des Portraits contemporains se hâta de saisir au passage la figure de cet homme sensible et de ce talent aimable : c'est une esquisse d'après nature.

  2. Le vicomte de Ségur, pour se distinguer de son frère lorsque celui-ci fut devenu Maitre des Cérémonies sous Napoléon, et pour s'eu railler un peu, écrivait volontiers chez ses amis : Ségur sans cérémonies.

  3. Le plus ancien de ces pieux cadets dont nous parlons est assurément Ménélas, le bon Ménélas, duquel Agamemnon disait : « Par moments il s'arrête et ne veut pas agir, non qu'il cède à la paresse ou à l'imprudence, mais il me regarde et il attend :

    (Illiade, X, 123).

  4.   En 1368, Amé ou Amédée VI.

  5. Essai sur l'Universalité de la Langue française, par M. Allou.

  6.  Parmi les auteurs français nés en Savoie, il faut compter aussi M. Michaud, l'auteur des Croisades et du Printemps d'un Proscrit.

  7.  Édition de Turin, 1794, — Il y eut une édition à Paris en 1796; on rend compte très-favorablement du livre dans le Journal de Paris du 23 mai 1796.

  8.  Le chapitre XIX, où tombe cette larme de repentir, pour avoir brusqué Joannetti, et le chapitre XXVIII, où tombe une autre larme, pour avoir brusqué le pauvre Jacques, sont tout à fait dans la manière de Sterne.

  9.  Les légères fautes d'incorrection sont presque aussi rares chez M. de Maistre que celles de goût. J'en note, pour acquit de conscience, quelques petites, sans être très-sûr moi-même de ne pas me tromper. Ainsi, par exemple, quand il nettoie machinalement le portrait, et que son âme, durant ce temps, s'envole au soleil, tout d'un coup elle en est rappelée par la vue de ces cheveux blonds : « Mon âme, depuis le soleil où elle s'était transportée, sentit un léger frémissement de plaisir;... » en imposer pour imposer; sortir de sa poche un paquet de papiers... Mais c'est assez : je tombais l'autre jour sur une épigramme du spirituel poëte épicurien Lai-nez, compatriote du gai Froissart et contemporain de Chapelle, qu'il égalait au moins en saillies; il se réveille un matin en se disant:
    Je sens que je deviens puriste;
    Je plante au cordeau chaque mot;
    Je suis les Dangaux à la piste;
    Je pourrais bien n'être qu'un sot.

  10. Voyez Chapitre x.
  11. Il reçut une blessure grave au bras droit, à un siége en Géorgie, en décembre 1810.
  12. Mademoiselle Zagriatsky, demoiselle d'honneur de Leurs Majestés Impériales. Il l'épousa en 1812; en 1839, à son passage à Paris, comme je me trouvais chez lui, sa femme entra un moment dans sa chambre, et il ne put s'empêcher de me dire en la regardant : N'est-ce pas? qu'elle est belle ! »
  13. Paris, Gosselin, 1824, in-8°.
  14. M. de La Mennais.
  15. Voir tome VI de ses Mélanges.
  16. On lira avec plaisir cette histoire, traduite par M. Buchon, et insérée dans le Magasin pittoresque (septembre 1836). — Dans ses voyages du Nord (Lettres sur l'Islande), M. Marmier a rencontré une classe de lé-preux particulière à ces contrées, et qu'au lieu de l'effroi, la compassion publique environne. Cette maladie provient là, ,en effet, bien moins d'aucun vice que de la pauvreté et des misères de la vie, de la nourriture corrompue, de l'humidité prolongée, des travaux de pèche auxquels on est assujetti durant l'hiver : elle afflige souvent ceux qui le méritent le moins; elle n'est pas contagieuse, elle n'est même pas décidément héréditaire. Aussi y est-on très-hospitalier aux lépreux ; on les accueille, on sent qu'on peut être demain comme eux; l'idée de l'antique malédiction a dis-parti, et M. Marmier a remarqué avec sensibilité que si le Lépreux de M. de Maistre était venu dans le Nord, il y aurait retrouvé une soeur.
  17. M. Valéry, qui en fut le premier éditeur, me transmet quelques détails plus particuliers. Lorsque le manuscrit arriva à Paris, il fut communiqué par M. de Vignet à madame de Duras. Cette femme d'un esprit si rare augurait mal, il faut le dire, de la publication : elle trouvait, par exemple, que Prascovie arrivée à Pétersbourg perdait du temps, qu'elle n'entendait rien aux affaires; elle avait horreur de cet homme (Ivan) qui tue une femme, etc., etc.; son opinion était partagée par plusieurs personnes de sa société. M. Valéry, à qui le manuscrit avait été remis, se sentit d'un avis contraire, et on lui dut cette première édition à laquelle dans l'absence de l'auteur il apporta tous ses soins. (Voir à ce propos les articles de M. Patin, recueillis dans ses Mélanges de Littérature.)
  18. Nom, d'un torrent de Savoie.
  19. Il écrivait en style moins lyrique à un ami, en se faisant tout petit, non sans malice : " Dans l'impossibilité où je suis de comprendre cette faculté (du poète) et pour ne pas avouer cette supériorité dans les autres, je pense que les poètes ont quelque chose dans le poignet qui change la prose en vers à mesure qu'elle passe par là pour se rendre de la tête sur le papier; en sorte qu'un poète ne serait qu'une filière plus ou moins par-faite. J'étais si persuadé de ce système consolant pour les prosateurs, que j'essayai un jour d'écrire des vers avec la main gauche, dans l'espoir d'y trouver cet heureux mécanisme; mais ma main gauche ne fut pas plus heureuse que la droite, et je fus convaincu à jamais que je ne suis pas une filière à vers. J'avoue même que ce mauvais succès me laissa quelques doutes sur la vérité de mon système. » — Si faux que soit le système, il ne s'appliquerait pas mal à plus d'un soi-disant poète, et tel auteur de grande épopée comme Parseval nous en pourrait dire quelque chose.
  20. En voici les premiers vers :

    Ci-gît sous cette pierre grise
    XAVIER, qui de tout s'étonnait,
    Demandant d'où venait la bise
    Et pourquoi Jupiter tonnait....
  21. Cette jolie pièce a été traduite en russe, puis retraduite en vers français par un de nos secrétaires d'ambassade qui n'en savait pas la première origine. Pareille aventure est arrivée à la Chute des Feuilles de Millevoye.
  22. Elle s'est faite et elle a très-bien réussi : M. Töpffer est désormais naturalisé en France.