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La Guerre au Vingtième Siècle |
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Chap. Ier - Mobilisation. Chap. II - Les blockhaus roulants. Chap. III - La ville surprise. Chap. IV - Le corps médical offencif. Chap. V - Opérations de siège, pompistes et médiums. Chap. VI - La batterie des chimistes sans peur. Chap. VII - Le torpilleur sous-marin Le cyanure de Potassium Chap. VIII - Le voltigeur aérien N°39 Chap. IX - Batailles aériennes |
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IMobilisationLa première moitié de l'an 1945 avait été pourtant particulièrement calme. A part le train-train habituel, c'est-à-dire une petite guerre civile de trois mois dans l'empire danubien, à part une tentative des Américains sur nos côtes, repoussée par notre flotte sous-marine et une expédition chinoise pulvérisée sur les rochers de la Corse, l'Europe avait vécu dans le calme le plus complet. Le 23 juin 1945, mon ami Fabius Molinas, de Toulouse, charmant garçon et rentier estimable, reposait béatement, une cigarette aux lèvres, les fenêtres grandes ouvertes sur son jardin pour laisser passer les parfums des fleurs et les brises des Pyrénées. Fabius était fatigué, depuis deux jours il faisait ses malles pour la saison des bains de mer qu'il se proposait de passer sur les plages de la côte norwégienne. |
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Molinas tout entier à ses préparatifs, n'avait guère eu le temps d'écouter les gazettes téléphoniques ; aussi fut-il surpris d'apprendre le 25 juin, par le Téléphone de midi, qu'un cassus belli était né depuis deux jours et que l'horizon politique assez rose venait soudain de passer au noir intense. Ce qui semblait grave, c'est que le conflit était d'ordre purement financier, une question douanière qui touchait au vif tous les intérêts ; les affaires sont les affaires ; maintenant, chez les peuples civilisés, les traités de commerce s'imposent à coups de canon. -- Tiens ! Tiens ! pensa Molinas, pourvu que ça ne dérange pas ma saison de bains de mer ! Comme il achevait sa cigarette, le téléphonographe par la : « Ordre de mobilisation, Le sieur Molinas Fabius est versé comme canonnier de 2e classe au 18e aérostiers de la territoriale, 6e escadrille. Il rejoindra aujourd'hui à 5 heures l'aéronef l'Epervier, à 3200 mètres au-dessus de Pontoise. » |
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-- Cornediable !
s'écria Molinas en sautant sur ses jambes, il
va être une heure !... je n'ai que le temps !... Je n'irai pas aux
bains de mer cette année !
Habitué à ces départs soudains, Molinas téléphona rapidement quelques adieux et rangea divers papiers, puis ouvrant ses tiroirs., il trouva tout son équipement en ordre. Quarante-cinq minutes après, Molinasserré dans ses jambières, sanglé dans sa vareuse, le manteau en bandoulière, le revolver à tir continu et le sabre au flanc, le réservoir d'oxygène en sautoir, gagnait le tube de Paris avec de nombreux compagnons. Un train spécial les lança sur Paris. A 4 heures 10, ils débarquaient un peu engourdis à la gare centrale des tubes. Des aéronefs attendaient les troupes, et, à 5 heures juste, l'escouade d'aérostiers destinés à l'Epervier mettait le pied sur la plate-forme du ballon. |
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Le commandant de l'Épervier réunit ses hommes et leur annonça en quelques mots vibrants de patriotisme que la guerre devait être déclarée à minuit justye. L'équipage s'installa hâtivement. De temps en temps le commandant tirait sa montre. Soudain sur un signal d'en bas, le lieutenant toucha un bouton, le propulseur électrique entre en action et l'Épervier s'élança en avant emportant mon ami Molinas vers la gloire. Au jour levant, une odeur nauséabonde réveilla Molinas dans son hamac, il monta sur le pont de l'Épervier qui filait à travers un brouillard épais. L'escadre croisait une division de brouillardiers volants en train de couvrir la frontière d'un brouillard opaque destiné à dissimuler les opérations. |
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IILes blockhaus roulantsFabius, penché sur le garde-corps de l'Épervier, révassait ; encore étourdi par la rapidité des événements, il se croyait vaguement en route pour les bains de mer. -- Ai-je emporté mes costumes de bain ? Cornediable ! Il n'y a que les maillots faits sur mesure qui aient de la grâce... |
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Un coup de canon tiré presque à son oreille le ramena brutalement au sentiment de la réalité. Fabius ouvrit les yeux, à 600 mètres apparaissait un corps de blockhaus roulants ennemis arrêtés dans leur marche par le brouillard. Le sifflet de l'ingénieur appela tous les hommes de l'Épervier à leurs postes ; l'escadrille se développait rapidement, des formes de ballons passaient, s'en allant prendre en flanc et en queue le corps ennemi qui déjà mettait à tous risques ses propulsuers électriques à grande allure pour forcer le passage. L'Épervier et cinq autres aéronefs avaient engagé le combat en tête à courte distance. Fabius, deuxième servant de gauche, passait les gargousses au chargeur sans rien voir du combat ; tout à coup une boite à mitraille pénétrant par l'embrasure mit hors de combat tous les servants sauf Fabius. Celui-ci sans hésiter, sautant sur la pièce la pièce chargé, pointa longuement avec le plus grand sang-froid et tira. Une explosion formidable suivit son coup de canon, le blockhaus sautait. Le brouillard peu à peu se dissipait et la bataille apparaissait dans toute son horreur. Une douzaine de |
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blockhaus étaient déjà détruits, d'autres se défendaient plus molement, mais euxaéronefs gisaient à terre sur les débris fumants. Atteinte par des avaries graves, l'aéronef l'Épervier se laissa tomber à pic sur un groupe de blockhaus dont l'équipage décimé dut mettre bas les armes. Tout est fini : seuls quelques blockhaus ont pu s'échapper et trouver refuge dans une forêt où les aéronefs sont bien forcés de les laisser. Les équipages de l'Épervier et de quelques aéronefs hors de combat furent répartis sur les blockhaus pris, et lancés en avant. Fabius ayant pour sa belle conduite été nommé sous-ingénieur, reçut le commandement du blockhaus d'avant-garde. A toute vitesse ! Vers 9 heures du matin le blockhaus lancé comme s'il été poursuivi, pénétra sans difficulté dans les ouvrages d'une place forte gardée par une brigade de territoriale féminine ennemie convoquée pour relever l'armée de 1e et 2e ligne comprenant tous les hommes de 17 à 30 ans. Terrible surprise pour ces guerrières inexpérimentées. En un clin d'oeil elles furent désarmées et la ville prise. |
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Hélas ! L'occupation de la ville se devait pas être de longue durée. On n'avait pas couper à temps tous les fils téléphoniques, l'ennemi prévenu prenait ses mesures pour détruire l'audacieux petit corps aventuré si loin. Vers le milieu de la nuit, un bataillon ennemi conduit par des blockhaus à quelques kilomètres de la ville, pénétra sans être signalé jusque dans un faubourg. Un à un se gliassainet dans les rues des hommes revêtus de l'uniforme des chimistes, le tablier sur la tunique, le casque emboitant la tête et le cou. sans bruit, sur la terrasse d'un jardin, ils apportainet des instruments étrangeset mystérieux, vissaient des pièces, accorchainet des tubes ; en dix minutes une batterie chimique de campagne était montée, les hommes baissaient la visière mentonnière à tampon des leurs casques et prenaient leurs postes de combat attendant le signal du chef. -- Feu ! Coup sur coup quatre bombe asphyxiantes décrivirent une courte parabole dans les airs. |
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IIILa ville surpriseAutour des feux de bivouac, les compagnons de Fabius étaient campés. Une vedette ayant aperçu des ombres suspectes allait donner l'alarme lorsque le permière bombe s'éleva dans un nuage verdâtre. Un grand cri, un peu de fumée... Trois autres bombes suivirent. Puis un grand silence se fit. Les feux de bivouac s'étaient éteints, tout était mort, même les malheureux habitants restés en ville, soudainement asphyxiés dns leurs demeures ! Ce sont là des accidents de guerre auxquels, depuis les dernières conquêtes de la science, tous les esprits sont habitués. Par un hasard providentiel, Fabius, affamé et altéré, étant descendu dans lescaves pour une réquisition, pénétrait au moment de l'explosion dans un caveau soigneusement fermé et sans communication avec l'air extérieur. Echappant à l'asphyxie, seul de tous ses compagnons, il resta évanoui pendant trente-six heures sans boire ni manger ! |
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Pendant ce temps, le général commandant son corps d'armée apprenait la reprise de la ville par l'ennemi, et lançait quelques torpédistes aériens du modèle 1944 à longue portée. Les torpédistes embusqués dans les cyrrhus et nimbus à 3000 mètres de hauteur, laissèrent les premières ombres du soir descendre sur la ville, puis, actionnant leurs propulsuers, ils se précipitèrent des hauteurs du ciel t, parvenus à bonne distance, lancèrent leurs terribles torpilles. Subitement la ville arrachée de ses fondations se boursouffla, craqua et et sauta en l'air. |
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Par bonheur Molinas, avec un certain nombre d'objets légers, traversa, toujours évanoui, l'espace assez vite pour échapper au jet de flamme, et il sortit brusquement de son évanouissement à peine roussi et porté pour ainsi dire par une colonne de fumée. Il se raccrocha fébrilement à un objet que sa main rencontra : c'était une girouette lancée avec lui dans l'air. Le mouvement ascentionnel s'était arrêté, Molinas sentit qu'il commençait à descendre. C'était le moment inquiétant. Trente secondes après, il fut saisi par une brusque sensation de fraicheur. |
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IVLe corps médical offensifAprès être resté quelques instants évanoui au fond de l'eau, Molinas finit par se retrouver, très étourdi et ahuri, en train de nager à la surface d'un fleuve. Il fila droit à la rive où il put se cacher dans une |
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touffe
de roseaux. Vers le
soir, des chimistes ennemis se donnèrent
le plaisir d'un bain. Molinas sortit du fleuve, s'empara de l'uniforme
de l'un d'eux et se joignit à une patrouille rentrant dans un fort à
coupole. Un sous-officier le mit en faction dans une grande salle où le
corps médical offensif, composé d'ingénieurs chimistes, médecins et
apothicaires, discutait les dernières mesures à prendre pour faire
éclater sous les pas de l'armée française douze mines chargées des
miasmes concentrés et des microbes de la fièvre maligne, du farcin, de
la dyssenterie, de la rougeole, de l'odontalgie aiguë et autres
maladies.
Les mines étaient préparées, descaissons allaient emporter les obus de zinc chargés de miamses et les boites à microbes nécessaires... Mais Fabius, grâce à sa connaissance de la langue, a tout compris. Une résolution sublime enflamme son coeur, il se dévoue au salut |
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de
l'armée, il épaule
rapidement son fusil à répétition et
tire toute sa provision de balles dans le grand réservoir à miasmes et
produits chimiques....
Épouvantable effroyable, l'explosion qui suit lescoups de fusil de l'héroïque Molinas !!! Tout saute, réservoir, caissons, obus ! La déflagration de touts ses miasmes concetrés et comprimés s'opére avec une violence inouie, d'épaisses colonnes de vapeurs tourbillonnent, roulent, filent par toutes les sorties, se répandent et se fondent dans l'atmosphère, emportant avec elles des odeurs sans nom et |
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d'innombrables
ferments de
maladie.
Tout s'est écroulé dans la salle du conseil, généraux, officiers, ingénieurs chimistes, médecins, soldats, tous sont tombés subitement et se tordent sur le sol, en proie à toutes es maladies déchainées par l'action de Molinas. Desépdémies s'abattent sur l'amrée ennemie et portent leurs ravages en trois minutes dans un rayon de quinze lieues. Grâce au tampon de son casque de chimiste, Fabius, qui avait fait le sacrifice de sa vie, en est quitte pour une formidable rage de dents. L'armée française par bonheur échappa à la contagion. Un ingénieur microbiste du corps médical offensif français, de garde aux extrêmes avant-postes, comprit aux roulements lointains de l'explosion l'accident arrivé à l'ennemi, et téléphona au général qui fit avancer toutes les batteries chimiques disponibles pour couvrir le front de l'armée d'un brouillard isoalteur. Ainsi débarassé de l'ennemi qui menaçait sa gauche, le général, à l'abri du brouillard, abandonna la région contaminée et, par un brusque mouvement demi-tournant, se rabattit sur les corps ennemis manoeuvrant sur sa droite. Molinas, toujours en proie à sa rage de dents, rejoignit alors l'armée et fit son rapport au général. Accablé de félicitations par le général, embrassé par tout l'état-major, décoré, porté à l'ordre du jour, Molinas sentit enfin ses douleurs se calmer. |
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Il n'en conserva pas moins une fâcheuse tendance à l'odontalgie et dut peu après s'offrir un rateleir complet. Disons tout de suite que les hôpitaux ennemis eurent à soigner 179 549 malades civils et militaires, et que, du mélange de tous les miasmes, naquit une maladie remarquable et absolument nouvelle. Cultivée par les médecins de l'Europe entière, elle est aujourd'hui connue sous le nom de fièvre molineuse, du nom de son inventeur, et l'endroit où elle prit naissance est resté fort insalubre. |
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VOpération de siège - Pompistes et médiumsEn récompense de son admirable conduite, Fabius Molinas fut nommé sous-lieutenant de mitrailleurs pompistes. Ce corps, de nouvelle formation, est une sorte d'artillerie extrêmement mobile qui peut se porter rapidement sur tous les points et couvrir instantanément d'un feu violent les positions iaccessibles à l'artillerie ordinaire. Molinas eut d'abord quatre pompes sous ses ordres, manoeuvrées chacune par cinq hommes. Dans la première affaire, chaudement disputée, Molinas, cramponné avec ses pompistes dans les ruines d'une maison, soutint quatre attaques successives, ses hommes furent renouvelés trois fois, lui seul sortit sans blessures du champ de carnage. Le soir même, il fut promu au grade de lieutenant. |
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La région dans laquelle opérait l'armée était semée de lignes de torpilles, reliées par des fils, de mines et de forts à coupoles habilement dissimulés. On ne marchait qu'avec précaution, les électriciens et les médiums en avant pour éventer les mines et faire sauter les torpilles ennemies. La division d'aérostiers étant occupée ailleurs, on ne pouvait songer à dynamiter les forts à coupole par en haut, il fallut procéder à des sièges réguliers. Le lieutenant de pompistes Molinas assista au siège d'un groupe de forts. La grosse artillerie, par une série de coups heureux, ayant réussi à démonter ou enrayer le mécanisme qui faisait mouvoir ls coupoles, les colonnes d'assaut furent lancées et descendirent dans les coupoles par les brêches. L'armée, ayant enlevé les coupoles de première ligne, se préparait au siège d'une importante ville forte. Le général, après avoir simulé sur un autre point une fausse attaque, fit, par une |
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nuit
obscure, avancer
une escade de médiums de la réserve. Placés à sa disposition, par le
ministre de sciences, ces médiums, les plus forts
magnétiseurs et
suggestionnistes de Paris, d'après les savants, marchaient lentement
vers les lignes ennemies ebn dégageant des torrents de fluide par des
passes énergiques. Minute d'anxiété terrible ! Les grand'gardes
ennemies allaient-elles tirer, ou bine, domptées par le fluide,
laisseraient-elles passer les médiums ?
Un profond silence continue à régner, les médiums s'avancent toujours, ils ont passé les lignes ; une colonne de troupes les suit, cette colonne trouve d'abord quelques vedettes et des petits postes en catalepsie, puis toute la garnison d'une redoute couchée sur le sol, raidie par le sommeil magnétique. Le général, prévenu par le téléphone, fait filer des troupes, il accourt occuper la redute conquise ainsi sans coup férir. Les médiums sont tombés épuisés, il leur faut |
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absolument
deux heures de
repos. Grave danger ! L'ennemi pourrait accabler la redoute de gaz
asphyxiants avant qu'elle ne fut mise en état de défense. Mais l'ennemi
ne se doute de rien et ses canons restent muets.
Enfin aux premières lueurs de l'aube, les médiums ayant retrouvé leur énergie reprennent leurs passes. Après des efforts terribles de volonté, après avoir perdu trois hypnotiseurs par des transports au cerveau, le chef médium réussit à amener par suggestion magnétique le commandant des forts du front sud de la ville à capituler. |
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VILa batterie des chimistes sans peurTout n'est pas fini. Les médiums, après un rpos bien gagné, devaient tourne leurs efforts vers le corps de la place. Ils commencèrent leurs opérations le soir même ; par malheur, dans leur hâte de s'avancer, ils négligèrent d'éventer les torpilles dont le terrain pouvait être semé, et toute l'escouade fut pulvérisée par l'explosion d'une mine que les passes magnétiques firent éclater ssous leurs pas. Il fallut revenir aux opérations régulières. Le génral, pendant la nuit fit élever sous une pluie de projectiles de toutes sortes |
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une grande batterie chimique de siège. Spectacle d'une sublime horreur ! Dans l'air embrasé par des flamboiements rouges, verts, violets, jaunes ou bleus, traversé par des fulgurances soudaines, par de grands jets de flammes, tant avec des projections de gaz et de fumées de toutes les couleurs ; Les chimistes ennemis aussi étaient à l'oeuvre, ce fut entre les deux corps savants un duel épique. Ils démasquèrent le jour même deux batteries qui accablèrent la nôtre de bombes à gaz paralysants. Nos hommes tombaient sur leurs pièces paralysés ou atteints de catalepsie mortelle. On leur répondit par des obus à miasmes produisant d'épouvantables attaques d'épilepsie. Mais les obus asphyxiants pleuvaient comme la grêle dans nos lignes, ainsi que des boites contenant les micorbes de la gale chimique, superbe |
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trouvaille
d'un illustre savant ennemi. Nos chimistes souffraient horriblement,
lorsqu'enfin l'un de nos ingénieurs inventa les bonbonnes à rosée
corrisive ( production du vitriol dans l'atmosphère, médaille
acadénique des sciences), qui détruisirent les batteries ennemies en
une nuit.
Sur ces entrefaites, on apprit que la flotte sous-marine ennemie se préparait à quitter son port d'attache pour une destination inconnue, avec l'intyention soit de ravager nos ports, soit d'opérer un débarquement sur un point quelconque de nos côtes. Un éclaireur, anveturé dans les eaux ennemies, avait pu compter les magnifiques monitors sous-marins de cette flotte, le Ravageurs cuirassés à grande vitesse, les Torpilleurs nageant et évoluant sous les flots avec une remarquable vélocité. La flotte française, aussi nombreuse et non moins belle, croisait au large portant l'infanterie sous-marine avec un coprs de débarquement. Le plan de l'ingénieur amiral était de tomber sur la |
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flotte
ennemie au passage, de la détruire, pour
se proter ensuite sur
les ports ennemis.
Fabius Molinas reçut l'ordre de rejoindre la flotte française ; en raison de ses brillants services, il fut détaché à la marine en qualité d'ingénieur-torpédiiste ; et fortement recommandé à l'amiral, qui lui confia le commandement du Cyanure de Potassium, torpilleur sous-marin de construction toute nouvelle. Fabius gagna rapidement son port d'embarquement et prit son commandement. Le Cyanure de Potassium, de dimensions très restreintes, portant seulement six hommes, était un de ces petits torpilleurs pisciformes fins et déliés, un de ces terribles myrmidons de la mer qui se glissent inaperçus entre deux eaux et viennent par en dessous planter leurs torpilles dans la coque des gros monitors. |
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VIILe torpilleur sous-marin Le Cyanure de Potassium— Vous êtes un lapin à terre, avait l'amiral à Molinas en lui confiant son torpilleur, montrez que vous conservez dans toutes vos qualités. — Cornediable ! Vous verrez ça, et l'ennemi aussi ! avait modestement répondu Molinas. Rasant presque le fond de la mer, se confondant avec les roches couvertes de varechs, le Cyanure de Potassium poussa une pointe en avant. En deux jours de marche, il atteignit les eaux ennemies et donna presque du nez dans les lignes de torpiles défendant les côtes. En soixante-douze heures, pendant lesquelles lui et ses hommes ne prirent pas une seconde de repos, Molinas parvint à décrocher les torpilles de trois chapelets d'une |
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étendue
de plus de
vint lieues chacun. Prenant soin de ne couper aucun fil pour laisser
croire à l'ennemi que ses défenses restaient intactes, il vida toutes
les torpilles sans accident.
Restait un dernier chapelet de torpilles mouillées à l'extrêmité de la rade où la flotte ennemie chargea it ses accumulateurs d'électricité. Le Cyanure de Potassium réussit à s'approcher inaperçu ; Molinas cette fois n'enleva point les torpilles, il avait un autre plan : il coupa lefil ennemi et rattacha le chapelet de torpilles à sa batterie électrique. Et caché dans un trou de rochers, respirant par un tube à air, le Cyanure attentdit le moment où enfin la flotte ennemeie se présenta dans la passe pour prendre le large. — Allez ! dit Molinas à son électricien. Les torpilles jouèrent, septe monitors se dispersèrent en miettes dans le ciel avec une gigantesque trombe d'écume, cinq ou six autres furent jetés à la côte gravement |
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avariés.
Quelques
monitors de
l'avant-garde avaient passé ; le brave Cyanure de Potassium,
quittant son abri, s'élança etporta sa torpille dans le flanc d'une
grosse bombarde.
Ce fut son dernier exploit : l'avant de la bombarde, tombant sur le Cyanure, brisa son tube lance-torpilles et endommafea fortement ses propulseurs. Juste au moment où le Cyanure se trouvait ainsi desarmé, Mlinas aperçut tous les éclaireurs et torpillers ennemis accourant sur lui furieux. Rusons ! se dit Molinas. Et au lieu de fuir vers la haute mer, il fila vers la côte pour la longer en se dissmulant dans les rochers. Le Cyanure se glissait dans les roches, bondissait dans les espaces plus largement ouverts, mais derrière lui, se rapporchant parfois, bondissaient aussi les torpilleurs ennemis. A la nuit tombante, le Cyanure échoua près de l'embouchure d'un fleuve. |
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Deux
éclaireurs ennemis trop
lancés touchèrent aussi et se brisèrent. Profitant du trouble, Molinas
fit revêtir leurs scaphnadres à ses hommes, pour tenter une dernière
chance. Il était temps, les scaphandriers ennemis attaquaient déjà
le Cyanure
à coups de hache.
C'était la fuite, au fond de l'eau, dans l'inconnu. Les scaphandriers ennemis, après |
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un
instant d'hésitation,
avaient suivi Molinas et ses
hommes qui se glissaient dans les roches visqueuses, et
s'arrêtaient par moments pour envoyer à l'ennemi une balle de
leurs
carabines à air comprimé. Par un crochet dans une crique, Molinas
réussit à gagner avec une certaine avance les eaux du fleuve.
Depuis neuf jours ils marchaient ainsi, tantôt sur la rive, tantôt dans le fleuve à la traversée des villes, poursuivis par la cavalerie lancée sur leurs trace, perdus ou repoursuivis, lorsqu'un jour Molinas enendit les coups sourds du canon ; les eaux sont bonnes conductrices du son ; on devait se battre à quelque vingt-cinq lieues, donc on allait retrouver l'armée française ! — En avant, cornediable ! Encore trois jours de marche forcée. Ils redoublent de prudence et traversent sanss encombre plusieurs corps d'armée ennemis. Enfin Molinas reconnait les uniformes, et, dans la fusillade, au beau moment d'un engagement |
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sur
les rives
du fleuve, Molinas et ses
scaphandriers
apparaissent aux soldats étonnés.
— Qu'est-ce que ces hommes , demanda le général occupé à téléphoner des ordres. — Bravo ! dit le général lorsque Molinas eut expliqué sa présence, mais avant de gagner l'ambulance, j'ai encore besoin de vous. — Je suis prêt ! répondit Molinas. — Vous allez rentrer dans l'eau ! — J'y vais ! dit Molinas. — Vous allez descendre le fleuve avec vos hommes ; à une lieue d'ici vous trouverez les premières lignes ennemies, vous passerez ! Plus loin l'ennemi a ses grandes locomotives blockhaus en batterie, vous passerez sous leur feu... Plus loin encore, vous trouverez les fils téléphoniques établissant les communications entre l'aile gauche ennemie, que je vais maintenir par une forte diversion, et l'aile droite, que je vais écraser... Vous couperez ces fils, puis vous repasserrez sous le feu des locomotives, et viendrez me rendre compte de l'opération ! Allez ! Molinas était déjà parti. |
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VIIILe voltigeur aérien N°19Molinas, ayant heureusement accompli sa mission, reparut avec blessures de plus. Il entra aussitôt à l'embulance et fut peu après évacué sur les hôpitaux français. Trois semaines après, comme il achevait sa convalescence, il reçut l'ordre de rallier l'escadre aérienne pour prendre le commandement du Voltigeur aérien n°39. |
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Suivant les instructions qu'il reçut de l'ingénieur en chef, il gagna, au moyen d'un long détour, les provinces du nord de l'ennemi, faisant çà et là de gbrusques descents pour désorganiser les services, couper les fils, imposer aux villes des contributions de guerre, et dynamiter quand faire se pouvait les forteresses ennemies. Le Voltigeur aérien n°39, sous les ordres de Molinas, par ses incursions rapides, ses dscentes soudaines, ses attaques inattendues, jetait un trouble inouï en pays ennemi : des aéronefs ennemies perdaient leur temps en croisières inutiles sur un point, alors qu'il portait le ravage à quelques cinquante lieues plus loin. Enfin l'ennemi sur les dents jeta toute une flotte à sa poursuite, avec des nuées de petits topédistes indépendants. Signalé par un éclaireur, le Voltigeur aérien fut rejoint et certné par d'innombrables torpédistes gros ou petits, montés par deux ou |
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même
six hommes. Molinas
comprit que l'audace seule
pourrait le sauver. Il attaqua lui-même, passant à tous risquespar une
charge à travers les torpédistes, et prit chasse devant l'escadre.
— Cornediable ! se dit Molinas, s'il n'y a plus rien à faire par ici, je vais surprendre leurs colonies ! Et, favorisé par une bourrasque, il fila droit sur le sud, suivi seulement par quelques torpédistes acharnés qui avaient deviné son projet et s'efforçaient de le gangner de vitesse. Molinas ne se laissa pas dépassé ni surprendre : rusant avec eux, il parvint à démonter les torpédistes l'un après l'autre. Mais dans une tentative désespérée du dernier des torpédistes, le Voltigeur 39 eut la tige du propulseur froissée et son gouvernail brisé. Les colonies ennemies étaient sauvées. Ces avaries forcèrent Molinas à descendre s'échouer |
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dans
un site boisé sur le bord
d'un fleuve, qu'en faisant le
point il reconnut être le Nil Blanc, à quelques centaines de lieues de
la Belgique africaine, de l'empire des lacs, du royaume français du
Congo et des colonies américaines.
Molinas travaillait aux réparations du Voltigeur 39, lorsque tout à coup des animaux sauvages, attirés par l'odeur de chair fraiche, vinrent considérablement gèner les travailleurs Désagréable tête à tête ! Une famille de lions, un rhinocéros et son épouse, quelques serpents variés et toute une tribu d'alligaotrs ! |
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Trop de gibier ! s'écria Molinas en battant en retraite vers l'arrière. Le propulseur, pour le moment démonté, ne pouvait plus agir, le Voltigeur 39 était condamné à l'immobilité. Et l'envahissement continuait toujours ; lions et crocodilles redoublaient d'indiscrétion. — Choisissez selon vos goûts, vous avez l'embarras du choix ! dit le lieutenant de Molinas qui avait la plaisanterie lugubre, préférez-vous l'estomac d'un lion ou le ventre d'un crocodille ? — Allons donc ! s'écria Molinas, j'ai dit que tout ça n'était que du gibier!... N'avons -nous pas encore une provision d'acide sulfurique ? Aux soutes ! A grand'peine, on parvint à monter sur la plate-forme d'arrière une bobonne d'acide ainsi qu'une |
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pompe
à main
et la défense s'organisa. Molinas
comença par goûter une
torpille au stupide rhinocéros qui menaçait de déteriorer le Voltigeur. Cette
pastille violente le fit éclater en quinze morceaux, ce qui parut
surprendre énormément madame son épouse. — En désirez-vous une aussi,
chère madame ? dit gracieusement Molinas.
Au moment où lions, serpents et corcodilles, s'avançaient vers le refuge de Molinas et de ses hommes, la pompe joua ! Un jet d'acide sulfurique projeté tantôt en plein dans la majestueuse figure d'un seigneur lion, tantôt dans le tas grouillant des alligators, produisit un effet considérable sur les assaillanrts. Quels bonds ! Quels rugissements ! — Pompons ! dit Molinas, en douceur, tout le monde en aura ! La pompe bien maniée continua l'arrosage à l'acide sulfurique pendant que deux hommes rajustaient hâtivement le propulseur... Et tout-à-coup le Voltigeur, avec un gourvernail de fortune, s'éleva dans les airs. Lions, serpents et crocodiles, brûlés, flambés rissolés, sautèrent par-dessus le bord et se fracassèrent sur les rochers. |
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IXBatailles aériennesLe voltigeur 39 rejoignit la flotte aérienne au-dessus de la Méditéranée. Comme le temps rpressait, l'ingénieur amiral, après avoir félicité Molinas, l'envoya immédiatement à l'avant-garde. D'après ses instructions, l'avant-garde devait signaler la flotte ennemie sasn engager le combat. Néanmoins, pendant sa deuxième nuit de croisière, le Voltigeur naviguant |
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à
grande
hauteur dans un amoncellement de nuages enleva par surprise, en se
laissant tomber sur elle, une grosse bombarde ennemie.
Après avoir conduit sa prise à l'arsenal aérien d'Antilles, Molinas repartit à toute vitesse. La flotte ennemie était signalée, une des plus graéndes batailles aériennes du siècle allait s'engager. Le Voltigeur prit sa place de combat à l'extrémité de l'aile gauche et Molinas, la main sur les boutons électriques, chercha de l'oeil un ennemi dignede lui. Quelle bataille ! Quels abordages ! Quels éventrements ! Quelles chutes des hauteurs du ciel dans les profondeurs marines ! Quel héroïsme de part et d'autre ! Longtemps indécise, la victoire penchait de notre côté, lorsque dans le ciel depuis longtemps menaçant, se déchaina une effroyable tempête. Prises dans le tourbillon, les deux flottes toujours combattant furent emportées par delà Gibraltar, au-dessus de l'Atlantique en fureur ! |
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Pendant trois jours les aéronefs survivantes volèrent portées sur les ailes de la tempête. On s'entrevoyait à travers deux nuages, on se cannonnait, on se perdait de vue. Tout à coup le vent tomba, et non loin entre le bleu duciel et le vert de la mer apparurent les côtés d'Amérique. — Le Mexique ! dit Molinas en faisant le point. Il regarda derrière lui. Une seule aéronef ennemie était encore visible. Les deux aéronefs éprouvées par la bataille et pa la tempête gouveranient très mal. Toutes deux avaient absolument besoin de descendre à terre pour |
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réparer
leurs avaries, mais
auparavant
toutesdeux voulaient encore combattre.
Molinas pointa lui-même sa pièce et eut la chance d'envoyer un premier projectile en plein dans la coque de l'ennemi. Le canon grondait sans interruption, les deux aéronefs tournaient, viraient, s'élevaient et plongeaient ensuite pour tacher de se prendre en flagrant dléit de fausse manoeuvre. Le combat les avait conduites au dessus d'une grande ville mexicaine dont les habitants suivaient avec anxiété les péripéties du combat. Déjà quelques projectiles avaient atteint la ville, des accidents graves étaient à déplorer, trois maisons avaient sauté. Enfin un obus mieux dirigé traversa l'aéronef ennemie de part en part, elle cessa de gouverner et tomba lentement ; négligeant alors toute précaution, elle envoya |
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coup
sur coup une douzaine
deprojectiles au Votigeur
39.
Alors un immense cri d'horreur s'éleva de terre ; dans un nuage de
fumée, les deux aéronefs apparurent tournoyant et s'abattant sur la
ville.
Chute effroyable, épouvantable écrasement ; avec un bruit de tonnerre, l'aéronef ennemie tomba à pic sur un monument et disparut sous les décombres, pendant que le Voltigeur ralentissant sa chute et décrivant une courbe, pénétrait avec une douceur relative, la pointe en avant, dans un pâté de maisons élégantes. Tout craqua, le toit preforé s'ouvrit, l'avant du Voltigeur, après avoir passé à travers trois plafonds et brisé totes les cloisons, s'arrêta enfin au rez-de-chausée d'un immeuble de belle apparence, dans un délicieux appartement, sur les meubles duquel Molinas, couvert de gloire et de contusions, vint tomber évanoui. |
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La demoiselle de la maison ,une charmante senorita de la haute aristocrasie mexicaine, gisait évanouei de peur à côté de Molinas presque mourant. Elle revint à elle la première. Les secours s'organisaient. Dolorès, la jeune mexicaine, ne voulut laisser à personne le soin de soigner le héros entré avec effraction dans sa chambre... et probablement aussi dans son coeur. Quinze jours après, quand Molinas, devenu le lionde la ville, fut presque en convalescence, le père de Dolorès, en habit noir, vint proposer à Fabius d'entrer dans sa maison. Le commandant du Voltigeur 39 était libre. Le téléphonographe annonçait aux six parties du monde qu'une paix glorieuse venait d'être signée... Et voilà comment mon ami Fablius Molinas, guéri et marié, reprit triomphalement quelque temps après le chemin de la France, sur le Voltigeur 39 réparé, ravitaillé et joyeusement pavoisé. |
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